Grossesse, allaitement et vaccin contre le SRAS-CoV-2: cadre ethique pour la prise de decision partagee.

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From: CMAJ: Canadian Medical Association Journal(Vol. 193, Issue 20)
Publisher: CMA Joule Inc.
Document Type: Article
Length: 2,236 words
Lexile Measure: 1950L

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En decembre 2020, le Comite consultatif national de l'immunisation du Canada a declare que l'administration systematique du vaccin contre le coronavirus du syndrome respiratoire aigu severe 2 (SRAS-CoV-2) aux personnes enceintes ou qui allaitent devrait etre evitee jusqu'a ce qu'on dispose de suffisamment de donnees, mais que la vaccination de ces dernieres pouvait etre envisagee dans certaines situations ou les avantages surpassent les risques (1). Nous n'avons toutefois pas la meme perspective du cote des Etats-Unis, ou des associations de specialistes ne deconseillent pas l'administration du vaccin contre le SRAS-CoV-2 a ces populations (2,3). Nous croyons, d'un point de vue ethique, que le vaccin devrait etre offert aux personnes enceintes, qui tentent de le devenir ou qui allaitent, et discutons de l'adoption d'une approche de prise de decision partagee par les fournisseurs de soins et ces dernieres pour orienter leurs conversations.

Les principes fondamentaux de l'ethique medicale soutiennent que les decisions et interventions medicales doivent respecter l'autonomie de la personne, etre equitables, etre benefiques (bienfaisance) et ne pas causer de prejudices (non-malfaisance). Empecher les personnes enceintes ou qui allaitent d'etre vaccinees contre le SRAS-CoV-2 limite leur autonomie et ne tient pas compte des facteurs individuels les concernant. Les personnes enceintes ont le droit de prendre des decisions qui servent leur interet superieur, meme si ce dernier va a l'encontre du bien-etre du foetus (4). Leur exclusion categorique de la vaccination ne leur permet pas de faire un choix en fonction de leurs valeurs et de leur situation personnelle. Meme si les personnes enceintes jouissent de certains droits au Canada, des croyances normatives culturelles profondes voulant que ces dernieres sacrifient leur propre sante pour assurer celle de leur enfant peuvent exister. Les principes d'equite en sante diraient plutot que la sante de la mere est aussi importante que celle de son enfant ou de ses futurs enfants, et donc que toutes les personnes, qu'elles soient enceintes ou non, devraient beneficier d'un acces equitable au vaccin.

Les donnees d'essais cliniques actuellement disponibles ne prouvent pas que le vaccin contre le SRAS-CoV-2 est sur pour les personnes enceintes ou qui allaitent, mais ne font pas non plus etat de prejudices pour les meres et les fretus. Nous sommes d'avis que le refus de vacciner est justifie sur le plan ethique uniquement si des prejudices evidents, importants et imminents sont attendus. Si les vaccins vivants sont generalement deconseilles durant la grossesse en raison des risques theoriques d'infection fretale, la plupart des autres types de vaccins sont consideres comme etant surs. Bien que la technologie utilisee dans les vaccins approuves contre le SRAS-CoV-2--l'ARNm--soit nouvelle, les resultats preliminaires d'etudes de toxicite sur la reproduction chez les animaux ne montrent pas de prejudices pour les fretus (5). Par ailleurs, 23 femmes (12 dans le groupe recevant le vaccin et 11 dans le groupe sous placebo) sont devenues enceintes apres avoir ete vaccinees dans le cadre de l'essai clinique de Pfizer-BioNTech, et aucun effet indesirable n'a ete signale a ce jour (6). En revanche, selon une etude en...

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Gale Document Number: GALE|A662305358