Diplomatie comparee, religion et transferts culturels au Canada francais dans le premier XXe siecle.

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Author: Florian Michel
Date: Annual 2014
From: Historical Studies(Vol. 80)
Publisher: The Canadian Catholic Historical Assn.
Document Type: Essay
Length: 6,059 words

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Abstract: This article examines how French and British diplomats have perceived, in the years 1920-1940, cultural exchanges within the North American Catholic world. While the Dominions Office considers that the French Canadians are "cut off from the world", the French cultural diplomacy is concerned to support cultural transfers within Catholicism through some institutions and some academic figures. Cultural exchanges, even if they sometimes seem strictly from ecclesiastical or academic origin, are often supported by the diplomatic apparatus, forging an element of their cultural soft power.

Resume : Cet article examine les modalites selon lesquelles les diplomaties francaise et anglaise ont percu, dans les annees 1920-1940, les echanges culturels au sein du monde catholique nord-americain. Alors que le Dominions Office considere que les Canadiens francais sont <<coupes du monde>>, la diplomatie culturelle francaise est davantage soucieuse de soutenir les transferts culturels au sein du catholicisme par le truchement de quelques institutions et de quelques personnalites universitaires. Les echanges culturels, s'ils semblent parfois d'origine strictement ecclesiale ou universitaire, sont assez souvent soutenus par les appareils diplomatiques, en train de forger un element de leur soft power culturel.

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La legitime inclusion de la problematique des echanges culturels transnationaux dans le cadre theorique des relations internationales semble desormais une position acquise (2). Les questions religieuses, se posant toutes, quasiment par essence, a l'echelle internationale, sont maintenant

organiquement integrees dans les analyses et les pratiques des appareils diplomatiques. Alors qu'au XXe siecle le traitement du facteur religieux etait plus feutre, la France, le Canada et les Etats-Unis donnent ainsi, au commencement du XXIe siecle, des exemples sans ambiguite de la prise en compte des dynamiques religieuses par la diplomatie officielle (3). Par voie de consequence, plus qu'auparavant sans doute, meme si elles relevent de l'etablissement d'un soft power culturel, les problematiques religieuses sont a inclure dans le champ <<dur>> des analyses des relations internationales (4). Les principaux aspects des echanges culturels entre les deux rives de l'Atlantique nord ont ete analyses par les historiens (5), de sorte que les grandes lignes historiographiques de cet article, tant pour la methode que pour le contenu, sont solidement etablies.

Par l'exemple du Canada francais, nous voudrions cependant prolonger la reflexion dans une double perspective, comparatiste et institutionnelle, pour tenter de repondre aux questions suivantes : comment le Quai d'Orsay et le Dominions Office ont-ils percu et suscite, le cas echeant, les transferts culturels envers le Canada francais dans la premiere moitie du XXe siecle? Comment l'element religieux s'inscrit-il dans les transferts culturels vers le Canada? L'historiographie contemporaine n'opere-t-elle pas dans certains cas une sorte de secularisation a posteriori des transferts culturels au XXe siecle? Les agents et supports des echanges culturels--universites, instituts scientifiques, maisons d'edition, conferenciers, intellectuels, professeurs, boursiers, mais aussi congregations religieuses, haut clerge en representation, jeunes clercs en formation, etc., qui assurent l'essentiel des transferts culturels entre le Canada et l'Europe (6)--apparaissent a priori sans rapport etroit avec les services diplomatiques, qui sont pourtant assez souvent caches dans l'ombre des...

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Gale Document Number: GALE|A387347577